Avis du pôle scientifique : Pastille verte.
La bonne méthodologie de cette revue systématique et méta-analyse permet de contrôler le risque de biais.
La rééducation après reconstruction du LCA repose aujourd’hui sur de multiples stratégies dont les bénéfices relatifs restent difficiles à hiérarchiser.
Cette étude apporte une comparaison directe et indirecte de plusieurs approches innovantes. Elle aide les cliniciens à orienter leurs choix thérapeutiques selon les objectifs recherchés : réduction de la douleur, récupération de la force, amélioration fonctionnelle ou gain de mobilité.
Comparer l’efficacité relative de l’entraînement NMT, VRT, PT, BFRT et CRT chez les patients après reconstruction du LCA.
- Population : 972 patients ayant bénéficié d’une reconstruction du LCA.
- Intervention : NMT, VRT, PT ou BFRT.
- Comparateur : CRT
- Outcomes : Douleur (VAS), tests fonctionnels de saut, score IKDC, score Lysholm, amplitude articulaire (ROM), force isocinétique.
- Temporalité : Suivi de quelques semaines à 24 mois.
- Schéma d'étude : Revue systématique et méta-analyse en réseau de 22 essais contrôlés randomisés.
La VRT et le BFRT présentent les bénéfices les plus constants par rapport à la CRT. La VRT améliore particulièrement la douleur, la fonction et la force musculaire. Le BFRT est associé à des gains importants de fonction, de mobilité et de force.
Le NMT montre également des effets favorables mais plus modestes.
Les auteurs soulignent néanmoins que la plupart des comparaisons reposent sur des preuves de faible certitude.

Tableau 1. Principaux résultats de la méta-analyse en réseau comparativement à la rééducation conventionnelle.
Cette méta-analyse en réseau suggère que la VRT et le BFRT constituent les approches les plus prometteuses après reconstruction du LCA.
La VRT semble particulièrement pertinente pour améliorer la douleur, la fonction et la force musculaire, tandis que le BFRT favorise les gains de mobilité et plusieurs indicateurs fonctionnels.
Le NMT représente également une option intéressante dans un processus de récupération à long terme, avec des améliorations sur les sauts fonctionnels ou encore le score de Lysholm.
Toutefois, la qualité des preuves reste limitée par des effectifs modestes, des protocoles hétérogènes et un risque de biais non négligeable. Des essais randomisés de haute qualité sont nécessaires pour confirmer ces résultats.
Les cliniciens peuvent envisager l’intégration de la VRT pour optimiser la récupération fonctionnelle et l’engagement du patient.
Le BFRT représente une stratégie pertinente lorsque les charges élevées sont difficiles à tolérer.
Ces approches doivent être intégrées dans un programme individualisé tenant compte du stade de récupération et des objectifs du patient.