Avis du pôle scientifique : Pastille verte.
La bonne méthodologie de cette revue systématique permet de contrôler le risque de biais.
Le microbiote est largement utilisé comme argument marketing en nutrition du sport. Cette revue permet de distinguer les hypothèses séduisantes des preuves réellement disponibles. Elle aide les praticiens à adopter une approche critique avant de recommander des stratégies coûteuses ou peu validées.
Évaluer si des interventions nutritionnelles, diététiques ou d’exercices modifiant le microbiote intestinal peuvent améliorer la performance physique chez des adultes actifs en bonne santé.
- Population : Adultes sains physiquement actifs.
- Intervention : Supplémentation (probiotiques/postbiotiques), modifications alimentaires ou programmes d’exercices.
- Comparateur : Placebo ou groupe contrôle.
- Outcomes : Composition du microbiote fécal, diversité bactérienne, concentration d'acides gras à chaine courte (AGCC), performance (e.g. time to exhaustion, contre-la-montre, force, VO2max).
- Échantillon : Revue systématique de 18 essais randomisés/croisés cumulant 588 participants.
Les interventions n'ont que peu d'effets sur la composition du microbiote intestinal soulignant la stabilité inhérente de celui-ci. Une seule étude rapporte une hausse significative de l’acétate fécal après yaourt enrichi en Bifidobacterium animalis BL-99.
Sept études ont exploré le lien microbiote-performance, avec résultats limités ou contradictoires. Les auteurs soulignent une forte hétérogénéité méthodologique (durée, souches, analyses, contrôle alimentaire). Le tableau 1 synthétise les principaux résultats sur le microbiote intestinal et les performances.

Tableau 1 – Synthèse des principaux résultats de l'étude
Les données actuelles ne permettent pas d’affirmer qu’une modulation ciblée du microbiote intestinal améliore de manière fiable la performance sportive chez l’adulte actif sain. Certaines interventions montrent des effets biologiques ponctuels, mais ceux-ci restent inconsistants et rarement reliés à un gain fonctionnel clair. Les études disponibles sont peu nombreuses, de petite taille et très hétérogènes. Des protocoles standardisés, mécanistiques et longitudinaux sont nécessaires avant toute recommandation forte.
Le microbiote ne doit pas être considéré aujourd’hui comme un levier ergogène validé. Prioriser d’abord les fondamentaux : entraînement, sommeil, disponibilité énergétique et nutrition éprouvée. Les probiotiques peuvent être envisagés pour certains objectifs digestifs ou immunitaires, mais pas comme garantie d’amélioration des performances.