Avis du pôle scientifique : Pastille verte.
La bonne méthodologie de cette revue systématique et méta-analyse permet de contrôler le risque de biais.
Les LAS représentent un problème majeur en médecine du sport, avec un risque important de CAI et de récidive. Cette revue systématique apporte un éclairage nouveau en montrant que les déficits ne sont pas uniquement mécaniques mais également neurocognitifs.
Comprendre ces mécanismes peut aider les cliniciens à intégrer des approches de rééducation incluant des contraintes cognitives ou des tâches doubles, potentiellement utiles pour améliorer la stabilité et réduire le risque de récidive.
Cette revue systématique vise à synthétiser les données scientifiques concernant les déficits neurocognitifs associés aux LAS, en particulier chez les patients présentant une CAI.
- Population : Adultes présentant une LAS ou une CAI
- Intervention : Présence d’une lésion ligamentaire de cheville
- Comparateur : Individus sains ou sujets « copers » (ayant récupéré après entorse sans instabilité)
- Outcomes : Performances neurocognitives (attention, mémoire, contrôle inhibiteur, vitesse de traitement, etc.)
- Type d'étude : Revue systématique (24 études incluses)
Au total, 24 études ont été incluses, regroupant 104 patients avec LAS, 393 patients avec CAI, 92 copers et 317 témoins sains. Les performances neurocognitives ont été évaluées à travers 27 tâches couvrant neuf domaines cognitifs. Les résultats suggèrent que les patients avec une CAI présentent des déficits principalement dans l’attention, le contrôle inhibiteur et la mémoire visuelle.
Ces altérations pourraient influencer le contrôle postural, en particulier lors de situations de double tâche où les ressources attentionnelles sont partagées.
Cependant, la majorité des études présentaient un risque de biais élevé limitant l’interprétation causale.

Le tableau 1 synthétise les principaux domaines neurocognitifs étudiés et les résultats observés.
Cette revue systématique met en évidence une association entre les LAS, notamment la CAI, et certaines altérations neurocognitives. Les déficits observés concernent principalement l’attention, le contrôle inhibiteur et la mémoire visuelle. Ces altérations pourraient contribuer aux troubles du contrôle postural et au maintien de l’instabilité fonctionnelle.
Néanmoins, les preuves actuelles restent limitées par l’hétérogénéité méthodologique des études. Des études longitudinales sont nécessaires pour déterminer si ces déficits constituent une conséquence de la blessure ou un facteur de risque préexistant.
Les programmes de rééducation de l’instabilité chronique de cheville pourraient bénéficier de l’intégration d’exercices impliquant des contraintes cognitives, tels que les entraînements en double tâche. La prise en compte des fonctions attentionnelles et du contrôle inhibiteur pourrait améliorer la rééducation neuromusculaire et contribuer à réduire le risque de récidive.