Quelle est la relation entre le tendon distal du semi-membraneux et le ménisque médial ?

Mar 19 / Germain SANIEL
Les lésions méniscocapsulaires du segment postérieur du ménisque médial ont été décrites pour la première fois en 1980 par Hamberg et al., mais c’est en 1988 que Strobel nomma cette lésion : « Ramp Lesion ».

Comme nous l’avons évoqué dans des infographies et des articles précédents sur la « Ramp Lesion », cette lésion dite « cachée » est définie comme une lésion postérieure longitudinale à la jonction ménisco-capsulaire. Rappelons que le terme de lésion cachée se réfère à la difficulté de la repérer en vue arthroscopique classique et à l’IRM (faible sensitivité) en pré-opératoire. Comme nous l’ont démontré Sonnery-Cottet el al. en 2018, une exploration systématique du compartiment postéro médial via une approche « trans-notch » est nécessaire pour confirmer ou infirmer la présence d'une Ramp Lesion.
 Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer la physiopathogénie des Ramp lesions. En effet, quelques auteurs ont mentionné le rôle essentiel du tendon du semi-membraneux (SM) et son insertion capsulaire distale adjacente à la région méniscocapsulaire postérieure. D’après Hughston, la contraction du semi-membraneux en réponse à une subluxation antérieure excessive du tibia secondaire à une rupture du ligament croisé antérieur (LCA), pourrait entrainer une déchirure de cette région capsulo-méniscale qui serait aussi aggravée par l’effet de cisaillement entre le fémur et le tibia entraînant ainsi une déchirure du ligament méniscocapsulaire (MCL) et/ou du ligament ménisco-tibial (MTL). Nous rappelons que dans les descriptions anatomiques, le tendon direct du SM s'insère dans l'angle postéromédial de l'extrémité supérieure du tibia, sur le tubercule infraglénoïdien, par l’intermédiaires de plusieurs expansions tendineuses.  

Dans une étude récente, les équipes du Pr Etienne Cavaignac et du Dr Bertrand Sonnery-Cottet ont tenté d’expliquer par une analyse macroscopique et microscopique, la relation entre le tendon distal du semi-membraneux et le segment postérieur du ménisque médial.

Les auteurs avaient émis les hypothèses suivantes :

1. Le tendon du semi-membraneux possède une expansion tendineuse s'insérant sur le segment postérieur du ménisque médial.
2. Le ligament ménisco-tibial (MTL) s’insère sur le bord postéro-inférieur du ménisque médial.

L'objectif de cette étude, ici traduite et synthétisée avec l'accord des auteurs,  était de décrire la nature histologique du segment postérieur du ménisque médial et des structures qui s'y insèrent (c'est-à-dire le tendon semi-membraneux, le MTL et le MCL) par une analyse macroscopique et microscopique. Il s'agissait d'une étude cadavérique descriptive réalisée en laboratoire d'anatomie et d’anapathologie sur 14 genoux de cadavres frais. Le même chirurgien a réalisé l’ensemble des dissections en accord avec le protocole préalablement établit (cf. description dans l’article).

Analyse macroscopique

Sur tous les donneurs, les auteurs ont retrouvé :

  • Une expansion directe (DT) et capsulaire tendineuse (CBSM) qui viennent s’insérer derrière le segment postérieur du ménisque médial (Figure 1).
  • L’expansion capsulaire dépassait la capsule articulaire avec le ligament ménisco-tibial (MTL) en dessous et le ligament ménisco-capsulaire (MCL) au-dessus, mais ne se terminait jamais directement dans le tissu méniscal : 14,3 +/- 4,4 mm de long (branche capsulaire), tendon direct s’insère 11 +/- 2,8 mm en-dessous de la surface articulaire du plateau tibial (Figure 2).
  • Le Ligament ménisco-tibial (MTL) s’insère sur le bord postéro-inférieur du ménisque médial.
  • Le Ligament ménisco-capsulaire sur le bord postéro-supérieur du ménisque médial.

Analyse Microscopique


Un total de 42 lames histologiques (3 lames par genou) a été produit et analysé.