SINGLE LEG SQUAT ET RECONSTRUCTION DU LCA

Sep 27 / François DUCOURANT
Les déficits du contrôle neuromusculaire sont fréquents après une reconstruction du ligament croisé antérieur (LCA) et ont été associés à un risque accru de re-blessure. L'évaluation des performances neuromusculaires est donc régulièrement intégrée dans l'évaluation de l'aptitude à reprendre une activité sportive après une reconstruction du LCA. 
L'analyse du contrôle neuromusculaire et de la fonction biomécanique est complexe. Dans l'environnement clinique, de nombreux praticiens utilisent des tests de performance faciles à mettre en œuvre, pour faciliter leur évaluation. 
Le test du squat à une jambe (SLS = Single Leg Squat) combine les mouvements du tronc, de la hanche, du genou et de la cheville : il est l'un de ces outils d'évaluation qui a gagné en popularité pour fournir un instantané de la fonction biomécanique globale et pour identifier les déficits neuromusculaires potentiels dans la chaîne cinétique des membres inférieurs. Il existe de nombreuses façons d'évaluer les performances de SLS et divers paramètres d'intérêt. L'inclinaison du tronc, l'inclinaison du bassin, l'adduction et la rotation interne de la hanche, le valgus du genou et la perte d'équilibre ont été utilisés et sont généralement acceptés comme des éléments importants dans l'évaluation des performances du SLS. 
Les enquêtes précédentes sur les performances des SLS après reconstruction du LCA ont montré de mauvaises performances chez près de 50% des patients à 6 mois postopératoires. Alors que certains ont observé de mauvaises performances au niveau bilatéral, d'autres ont suggéré une asymétrie avec de meilleures performances dans le membre non opéré. 
Ces études soutiennent l'utilité potentielle du SLS pour identifier les déficits du contrôle neuromusculaire après la reconstruction du LCA. Cependant, les données disponibles évaluant la performance du SLS après la reconstruction du LCA ne font état que d'un seul point dans le temps, et il n'est pas clair comment la performance évolue dans le temps. Il s'agit d'une limitation de la littérature existante car des changements importants dans le contrôle neuromusculaire (qui se reflètent potentiellement dans les performances du SLS) peuvent se produire lorsque les patients terminent leur réadaptation, s'engagent dans une activité physique plus exigeante et progressent vers un retour au sport (RTS = Return To Sport). L'angle de valgus du genou est une mesure bidimensionnelle d'un mouvement tridimensionnel combinant l'abduction/adduction du genou ainsi que des rotations, l’abduction/adduction et rotations de hanche, et il est affecté significativement par le mouvement de la cheville. L’analyse bidimensionnelle de l’angle de valgus du genou dans le plan frontal s'est déjà révélée être une mesure valide et fiable (cf Munro et associés, 2012). Bien que la cause du valgus du genou pendant le SLS soit multifactorielle, avec des contributions de toutes les articulations de la chaîne cinétique du membre inférieur, le valgus du genou est un paramètre facilement mesurable qui est facilement évalué dans l'environnement clinique et est largement reconnu comme un marqueur important de la performance. 
Les objectifs de cette étude, proposée en synthèse traduction par Benjamin Fraisse, étaient donc de déterminer si l'angle de valgus du genou, entre 6 et 12 mois après l'opération du LCA, change, et de comparer les performances entre le côté opéré et le côté sain.

MÉTHODE 

Les patients et le contexte 
Les 100 premiers patients éligibles consécutifs ayant subi une reconstruction primaire du LCA par autogreffe de tendon d'ischio-jambier et qui ont été recrutés dans le cadre d'une étude de cohorte prospective plus large ont été inclus. L'étude a été réalisée dans une clinique privée du genou en Australie avec 3 chirurgiens expérimentés du genou comme participants. Les dates de recrutement des patients inclus dans cette étude se situaient entre décembre 2013 et décembre 2015, et tous les patients étaient âgés de 13 à 50 ans. 
Pour l'étude actuelle, les patients ayant déjà subi une intervention chirurgicale au genou controlatéral ont été exclus. Les données descriptives de la cohorte de patients sont résumées dans le tableau 1, ci-dessous. Le temps moyen de présence pour les examens postopératoires prévus à 6 et 12 mois était de 6,6 et 12,5 mois, respectivement. 
Des données étaient disponibles sur le statut chondral et méniscal de 98 patients au moment de l'opération. Des déchirures méniscales médianes étaient présentes chez 27 patients. Parmi ces déchirures, 12 ont été réparées, 11 ont été partiellement réséquées et 4 n'ont pas été traitées chirurgicalement. Il a été constaté que 2 patients avaient déjà subi une méniscectomie médiane partielle. Des déchirures méniscales latérales étaient présentes chez 34 patients. Parmi eux, 2 ont été réparés, 19 ont subi une résection partielle et 13 n'ont pas été traités chirurgicalement. Des lésions chondrales de grade 3 et 4 (selon la classification de l'International Cartilage Repair Society) étaient présentes chez 6 patients. La majorité des patients ne présentaient aucune lésion chondrale, ni dans le compartiment fémoro-patellaire (n 1⁄4 83) ni dans le compartiment tibio-fémoral (n 1⁄4 85). 
Il est à noter qu'aucune pathologie méniscale ou chondrale aiguë ou instable n'était à craindre au moment du test pour aucun patient.
Protocoles de chirurgie et de réadaptation 
- Chirurgie : La reconstruction anatomique du ligament croisé antérieur ischio-jambier 
à un seul faisceau a été réalisée en utilisant une fixation suspensive du côté fémoral et une fixati