Lésions chondrales focales du genou

Apr 26 / Benjamin FRAISSE
Les défauts chondraux focaux (FCDs) sont fréquents, avec une incidence rapportée de 4,2 % et 6,2 % dans la population générale chez les patients de moins de 40 ans, ce qui entraîne plus de 200 000 procédures chirurgicales par an. En outre, la prévalence atteindrait 36 % chez les athlètes. Il est important de noter que si ces lésions ne sont pas traitées à temps, elles s'aggravent avec le temps et peuvent évoluer vers une arthrose diffuse (OA). Le traitement des FCDs reste un défi car les procédures de réparation du cartilage n'ont pas réussi à reproduire le cartilage natif à ce jour. La cause des FCDs peut être multiple :

  • L'ostéochondrite disséquante (OCD), une affection dans laquelle l'os sous-chondral et le cartilage articulaire sus-jacent se détachent de la surface osseuse sous-jacente, se manifestant parfois par des FCDs multiples.
  • À la suite d'un traumatisme, c’est la cause la plus fréquente. Une instabilité aigue, ou des microtraumatismes répétés et les changements dégénératifs chroniques induits, prédisposent à des FCDs.

Diagnostic

Une fois symptomatiques, les FCDs ont une propension à la progression continue des symptômes sur des périodes variables en fonction des comorbidités et des facteurs spécifiques au patient. Une prise en charge précoce est importante pour rétablir la congruence articulaire normale, la répartition de la pression et la cinématique normale du genou. Il faut s’intéresser à :
  • Anamnèse : historique de traumatisme aigu, douleur au squat profond ou aux COD, possibilité d’un gonflement lié à l’activité sans douleur associée dans le cas d’un FCD. Une rééducation insuffisante ou un retour inapproprié à des activités à forte charge après des interventions chirurgicales antérieures est une source fréquente de symptômes lorsqu'un patient a déjà subi une opération du genou homolatéral.
  • Examen Clinique : analyse de la marche (signe de Wilson en rotation externe oblique hanche, ou rotation interne jambe, ou faiblesse des abducteurs de hanche). À la palpation : un ROM normal et une sensibilité focale sur des zones palpables le long des condyles fémoraux latéraux ou médiaux. Une sensibilité au niveau de la ligne articulaire est généralement provoquée lorsque la lésion touche le condyle fémoral et le plateau tibial.
  • Imagerie : radiographie des cartilages : bilatérale debout antéro postérieure (AP) / 45 degrés de flexion en charge, vue postéro antérieure (PA = angle de Rosenberg) / en décharge vue latérale (angle de Merchant). L’IRM permet l'évaluation du cartilage articulaire et du lit sous-chondral, mais sous-estime souvent la taille des lésions jusqu'à 60 %. De plus, l'apparence des lésions cartilagineuses à l'IRM est souvent incompatible avec les symptômes cliniques et les résultats arthroscopiques. La cartographie du temps de relaxation T2, un paramètre IRM émergent qui représente la réaction internucléaire secondaire à la relaxation transversale des ions hydrogène, a démontré son potentiel pour mesurer le contenu en collagène du cartilage. L'avantage de ce test est la possibilité d'évaluer la dégénérescence du cartilage à partir du moment de la blessure, fournissant ainsi des informations sur le moment optimal pour une intervention chirurgicale.