Avis du pôle scientifique : Pastille verte. La bonne qualité méthodologique de cet essai contrôlé randomisé permet de contrôler le risque de biais. Cet article éclaire une question récurrente en rééducation du genou : la valeur ajoutée de la thérapie manuelle dans le traitement du PFPS. Il confirme que les protocoles d’exercices bien conçus suffisent souvent à améliorer les symptômes, tout en rappelant que la thérapie manuelle peut renforcer l’adhésion et améliorer le confort du patient. Ces résultats orientent les kinésithérapeutes vers des prises en charge ciblées et économiquement justifiées.
Comparer l’efficacité de l’ajout d’une thérapie manuelle aux exercices de hanche et de genou versus exercices seuls sur la douleur, la fonction et la force musculaire chez des patients souffrant de PFPS.
- Type d’étude : essai clinique randomisé en double aveugle.
- Population : 59 adultes (18–35 ans) atteints de PFPS, répartis en deux groupes (exercices seuls vs. exercices + thérapie manuelle).
- Intervention : 12 séances sur 4 semaines comprenant exercices de renforcement et d’étirement selon les recommandations de l’ Association américaine de physiothérapie ; ajout de mobilisations, relâchement de la bandelette ilio-tibiale et massage du rétinaculum latéral.
- Comparaison : effets avant/après et entre groupes.
- Outcome : douleur (VAS), fonction (questionnaire Kujala sur les troubles fémoro-patellaires), force musculaire (dynamomètre) et flexibilité (goniomètre).
Les deux groupes ont montré une amélioration significative :
- de la douleur (VAS),
- de la fonction (Kujala),
- de la force des abducteurs et extenseurs,
- ainsi que de la flexibilité des ischio-jambiers et du mollet.
Le groupe "thérapie manuelle" a présenté un pourcentage d’amélioration légèrement supérieur, mais sans différence statistiquement significative entre groupes (p > 0.05).
Ces résultats suggèrent que la thérapie manuelle peut compléter utilement les exercices, sans être indispensable. L’effet observé pourrait provenir d’un soulagement neurophysiologique ou mécanique transitoire, mais la rééducation fonctionnelle demeure le cœur du traitement.
Pour les kinésithérapeutes, la priorité doit rester l’exercice thérapeutique structuré. La thérapie manuelle peut être utilisée en complément, notamment pour réduire la douleur initiale et améliorer la mobilité. Cette étude incite à réserver la thérapie manuelle aux cas présentant une hypomobilité patellaire ou une tension des tissus latéraux.