​Lésions de la jonction musculo-tendineuse du biceps fémoral proximal Une étude prospective sur 64 patients traités chirurgicalement

Jul 6 / François DUCOURANT
Les ischio-jambiers (IJ) représentent le groupe musculaire le plus souvent lésé chez les athlètes professionnels, et représentent environ un tiers de toutes les blessures musculaires subies lors de la pratique du sprint, du football et du rugby. La jonction musculo-tendineuse proximale de la longue portion du biceps fémoral (MTJ-BFlh) est la plus fréquemment atteinte, en raison de son aponévrose longue et étroite, qui entraîne une mauvaise répartition des forces du ventre musculaire vers le tendon. Le traitement non chirurgicale de cette lésion comprend le repos, les anti-inflammatoires non stéroïdiens, l'amplitude de mouvement réduite et du renforcement musculaire en excentriques. Les ondes de choc ou les injections de cortico-stéroïdes ou de protéines riches en plasma (PRP) ont également été utilisées avec plus ou moins de succès. Les limites du traitement non chirurgical comprennent de grandes variations dans le temps de convalescence et un risque élevé de récidive lors du retour à l'activité sportive. Le traitement non chirurgical est également associé à une faiblesse musculaire résiduelle et à des complications neurologiques. Chez les athlètes professionnels, ces blessures sont souvent considérées comme une menace pour la carrière et peuvent entraîner une retraite prématurée de l'activité sportive. 
Le traitement chirurgical est le plus souvent choisi dans un deuxième temps, lorsque le traitement conservateur n’a pas donné les résultats espérés, lorsque la lésion est associée à une fracture d'avulsion importante et mal placée. Les techniques chirurgicales pour réparer ces blessures sont : le rattachement du tendon rompu avec des ancres, le détachement du tendon résiduel avec fixation du ventre musculaire lésé sur les muscles adjacents, la réparation endoscopique du tendon rompu et des greffes ilio-tibiales pour rattacher les tendons rétractés à la tubérosité ischiatique. La réparation chirurgicale des blessures d'avulsion partielle ou complète des cordes du jambon proximal est associée à une grande satisfaction du patient, à un retour rapide à l'activité sportive et à un faible taux de complications lors d'un suivi à court terme. Cependant, il n'existe pas d'études qui évaluent les effets post-opératoires. C’est donc à quoi se sont intéressés Ayuob et al. (2020), dans leur étude nommée : Lésions de la jonction musculo-tendineuse proximale du biceps fémoral, une étude prospective sur 64 patients traités chirurgicalement. François DUCOURANT vous propose sa synthèse traduction. 

L'objectif principal de cette étude était d'évaluer l'effet de la réparation chirurgicale des lésions aiguës de MTJ-BFlh sur la récidive des blessures. L'hypothèse de l'étude était que la réparation chirurgicale des lésions de MTJ-BFlh entraînerait un faible risque de récidive des lésions lors d'un suivi à court terme. Les objectifs secondaires étaient d'évaluer l'effet de l'intervention chirurgicale sur le retour to play (RTP), la satisfaction du patient, la force des muscles ischio-jambiers, l'élévation de la jambe droite, la performance fonctionnelle et les complications. 
  
Conception de l'étude : Série de cas ; niveau de preuve : 4. 

Méthode

Cette étude prospective a porté sur 64 patients subissant un traitement chirurgical pour des lésions aiguës de MTJ-BFlh entre mars 2015 et septembre 2016. 
Cette étude comprenait 51 athlètes professionnels (29 joueurs de rugby, 14 joueurs de football, 3 sprinters, 3 crickeurs et 2 haltérophiles) et 13 athlètes amateurs (8 joueurs de football, 4 coureurs de demi-fond et 1 joueur de rugby). Tous les patients de l'étude ont passé des examens d'imagerie par résonance magnétique (IRM) préopératoires pour confirmer le diagnostic, évaluer les éventuelles blessures associées et planifier l'intervention chirurgicale. Les lésions ont été classées selon le système BAMIC (British Athletics Muscle Injury Classification) (tableau 2). 
  
Critères d'inclusion :

  • blessure aiguë aux muscles ischio-jambiers datant de moins de 4 semaines
  • IRM préopératoire pour confirmer le grade BAMIC IIIB, IIIC ou IV de la lésion proximale du MTJ-BFlh (tableau 2)
  • perte clinique de force et/ou de flexibilité du groupe de muscles ischio-jambiers
  • intervention chirurgicale entreprise par l'auteur principal (F.S.H.)
  
Critères d'exclusion :

  • Lésion au MTJ-BFlh subies plus de 4 semaines avant l'intervention chirurgicale (n = 6)
  • Récidive de lésion au MTJ-BFlh de la même cuisse ou antécédents de chirurgie des IJ (n = 4)
  • Blessures au MTJ-BFlh de grade I-IIIA BAMIC (n = 9), tendinopathie non-traumatique du biceps fémoral proximal (n = 3) et résidence du patient à l'étranger (n = 4).
  
Technique chirurgicale : 

  • Une incision longitudinale a été pratiquée dans l'aponé