Le cleft sign peut être un facteur indépendant des résultats d'imagerie par résonance magnétique associés à un retard de retour au jeu chez les athlètes souffrant de douleurs à l'aine

Feb 6 / Anthony MARTIN
La douleur à l'aine est un problème courant chez les athlètes et peut entraîner une indisponibilité considérable. Des études récentes ont fait état d'une prévalence annuelle de 7,5 % chez les athlètes, et d'une prévalence de 45 % et 59 %, respectivement, pour le football Australien et le football. L'incidence de la douleur à l'aine pour 1000 heures d'activité athlétique est de 1,1, 1,03 et 0,09 chez les joueurs de football professionnels, les joueurs de hockey sur glace masculins et les danseurs, respectivement.
Pour les joueurs de football professionnels masculins, plus de 50 % des blessures à l'aine ont entraîné une perte de temps de plus d'une semaine, et 18 % une perte de plus de 28 jours. Dans le hockey sur glace universitaire masculin, 7,6 % des blessures à l'aine ont entraîné un temps de restriction de participation supérieure 3 semaines.
Certains résultats d'imagerie par résonance magnétique (IRM), notamment les changements dégénératifs au niveau de la symphyse pubienne, la pathologie d'insertion des adducteurs, l'œdème osseuse pubien (BMO) et le signe de la seconde fente (secondary cleft sign), sont considérés comme pertinents chez les athlètes symptomatiques.
Une revue systématique récente avec méta-analyse a démontré que le BMO pubien et le secondary cleft sign sont fortement associés à la douleur inguinale, avec des rapports de cotes de 42 et 639, respectivement. En particulier, ces résultats d'IRM indiquent souvent des lésions multiples. Si ces résultats sont courants ils le sont encore plus chez les sujets symptomatiques. Cependant, la valeur pronostique de ces résultats en ce qui concerne le retour au jeu est mal comprise. Gaudino et al. ont rapporté que des degrés plus élevés de BMO pubien ainsi qu'un œdème des tissus mous autour de l'articulation symphysaire sont des facteurs de pronostic négatifs du retour à une activité sportive intense chez les joueurs de football professionnels souffrant de douleurs à l'aine.
Ainsi, les objectifs de l'étude de saut et al. ( ici traduite et synthétisée par A. Martin) sont d'étudier la prévalence des résultats IRM et de définir des facteurs pronostiques indépendants du temps de retour au jeu chez les jeunes athlètes souffrant de douleurs à l'aine. L'utilité clinique de cette étude est la détermination des résultats IRM qui peuvent prédire le retour au jeu chez les jeunes athlètes souffrant de douleurs à l'aine.

Méthode :

Au total, 1091 athlètes ont été soumis à un dépistage rétrospectif ; 651 athlètes, âgés de 16 à 40 ans, souffrant de douleurs inguinale ont été évalués par IRM. Parmi ces athlètes, 356 ont été inclus pour l'analyse du temps de retour au jeu. Des analyses de régression linéaire univariée et multiple ont été utilisées pour déterminer les associations entre le temps de retour au jeu (principale variable de résultat) et les variables suivantes : âge, sexe, indice de masse corporelle, type de sport, Hip Sports Activity Scale, historique clair des traumatismes et 12 résultats d'IRM.
  
Les 12 résultats IRM comprenaient le cleft sign (supérieure  ou secondaire, comme le montre la figure ci-dessous), BMO de la branche inférieure, une protrusion discale centrale de la symphyse pubienne, une intensité de signal élevée de la symphyse pubienne, une intensité de signal accrue au niveau de l'insertion des adducteurs, une tendinopathie de iliopsoas, une lésion du muscle iliopsoas, une fracture et d'autres lésions musculaires. L'absence de lésions détectables à l'IRM a été utilisée comme variable prédictive.
Fig. 3 : IRM d'un joueur de football masculin de compétition de 17 ans. a) Constatation positive d'une BMO sévère de la branche supérieure du pubis parce que la région impliquée est plus longue que la moitié de la longueur totale de la branche supérieure (séquences coronales sur le STIR). b) Constatation positive d'une BMO sévère de la branche inférieure du pubis parce que la région impliquée est plus longue que la moitié de la longueur totale de la branche inférieure (séquences axiales obliques sur le STIR).

Prise en charge et traitement

Tous les athlètes ont été inscrits à un programme de réadaptation sportive active axé sur l'amélioration des mouvements fonctionnels, de la mobilité, de la stabilité et de la coordination de l'ensemble du corps, quel que soit le diagnostic. Il a été recommandé à l'athlète de suivre une rééducation standardisée avec un thérapeute spécialisé. Les athlètes ont repris des activités sportives spécifiques après avoir atteint un contrôle moteur fonctionnel et la capacité de s'entrainer sans douleur. Par la suite, le retour aux compétitions a généralement été tenté.

Résultats :

Quatre résultats d'IRM, dont le cleft sign, l'œdème osseuse pubien des branches supérieure et inférieure et la protrusion discale centrale de la symphyse pubienne, étaient présents dans plus de 44% des cas. Le temps médian de retour au jeu était de 24,7 semaines pour les athlètes présentant un cleft sign à l'IRM, ce qui était nettement plus long que les 11,9 semaines pour les athlètes ne présentant pas ce signe. Le temps médian de retour au jeu était de 20,8 semaines pour les athlètes ayant un IMC > 24, ce qui était significativement plus long que les 13,6 semaines pour les athlètes ayant un IMC ≦ 24. Dans une analyse de régression linéaire mu