Facteurs de risque d'une chondrolyse rapide après une méniscectomie externe partielle

Feb 16 / Germain SANIEL
Le suivi des patients après chirurgie demeure l’affaire de tous les professionnels de santé entourant le patient/sportif. Le coup de zoom que nous allons faire sur les pages qui suivent doivent-être considéré, et démontre une nouvelle fois l’importance d’une approche pluridisciplinaire (chirurgien, médecin, kinésithérapeute). La chondrolyse rapide du genou après une ménisectomie latérale partielle (PLM) fait référence à une perte rapide du cartilage articulaire dans le compartiment latéral, ce qui entraîne douleur au genou et gonflement persistant.
La physiopathologie, ainsi que les facteurs de risques et les résultats de traitements n'ont pas été à ce jour clairement établis.
Une scoping review de la littérature publiée récemment dans the O. Journal of Sport Medicine par l'équipe du Centre Orthopedique Santy, FIFA Medical Center of Excellence, de l'Hôpital Privé Jean Mermoz et du Groupe Ramsay-Generale, Lyon, France avait deux objectifs  :

  • Réaliser une revue de la littérature pour déterminer les facteurs de risques potentiels et la pathogenèse de la chondrolyse rapide.
  • Faire le point sur les résultats du traitement.

Avec l'autorisation des auteurs, Germain Saniel vous propose sa synthèse.
Cinq articles (22 cas) avec chondrolyse rapide au niveau du compartiment latéral aprés menisectomie partielle ont été identifiés et inclus à la scoping review. Les conditions d'apparitions sont les suivantes :

  • Patients jeunes (moyenne de 25,6 ans).
  • De sexe masculin (91% des cas).
  • Pratiquent du sport à haute intensité (86,4% des cas).
  • Apparition de la chondrolyse dans l'année suivant l’intervention.

Il est intéressant de noter que dans cette étude, l’ensemble des athlètes professionnels (13/13) sont retournés à leur niveau de pratique antérieur.
L'ensemble des auteurs des études incluses suggèrent que le principal facteur de risque causal était la surcharge mécanique focale du cartilage dans le compartiment latéral du genou.
Au niveau des caractéristiques radiologiques et arthroscopiques, les auteurs montrent (patient de 22 ans, joueur de football, 8 mois après intervention avec douleur persistante et gonflement) les éléments suivants :

  • Une diminution de 30% de l’espace articulaire latéral par rapport au côté controlatéral à la radiographie en vue Schuss.
  • Une IRM qui montre une ménisectomie latérale précédente évidente avec épanchement.
  • Abondants débris cartilagineux détachés lors du temps de l’arthroscopie.
Il est bien connu que la résection méniscale a un effet négatif sur la répartition des contraintes et la transmission des charges au niveau du genou. Cet effet négatif est particulièrement important au niveau du compartiment externe.
 
Le condyle fémoral latéral et le plateau tibial latéral sont convexes et la répartition des contraintes dépend considérablement de la présence du ménisque (notion de congruence articulaire). Pour rappel, le ménisque supporte 70 % de la charge transmise par le compartiment externe du genou. En comparaison, au niveau du compartiment médial, seulement 50% de la charge est supportée par le ménisque car le condyle fémoral convexe s'articule avec le plateau tibial relativement congruent et concave.
Par conséquent, le compartiment latéral est plus vulnérable que le compartiment médial aux changements dégénératifs après une ménisectomie partielle ou une déchirure méniscale et a donc tendance à se détériorer beaucoup plus rapidement.
Murakami et al., ont également rapporté en 2018 grâce à l’IRM avec cartographie T2 que la résection de tout le segment méniscal latéral peut provoquer une dégénérescence précoce du cartilage.

Une fois que le cartilage est surchargé, la mort du chondrocyte et la matrice cartilagineuse peuvent-être endommagée. Le cartilage lésé libère des débris dans le liquide synovial, qui est phagocyté par les macrophages synoviaux, ce qui amplifie la synovite.
En réponse, les cellules synoviales produisent des substances cataboliques et pro- inflammatoires, les médiateurs (cytokines, collagénases), qui stimulent la production d'enzymes protéolytiques responsables de la dégradation du cartilage, créant ainsi une boucle de rétroaction positive qui peut mener