Fatigue et période de récupération après les matchs de football féminin : Une revue systématique et méta analyse

Sep 20 / Nicolas Campet
Les joueurs de football doivent composer avec des charges de match importantes, à la fois sur le plan physique, physiologique et psychologique, ce qui peut conduire à de la fatigue aigüe et résiduelle. Ces réponses au match affectent les entrainements qui s’en suivent ainsi que la préparation des matchs et sont hautement investigués chez les populations masculines, la littérature faisant encore défaut chez les joueuses de football.

Le processus de récupération, qui suit les demandes physiques, émotionnelles et cognitives de l’activité conditionne le retour des joueurs à l’entrainement ou en match, particulièrement dans des contextes de programmes d’entrainements/matchs serrés.
Étant donné les différents effets des charges de match, la récupération se doit d’être de nature multi-factorielle, avec des états perceptuels, physiologiques et de performance montrant des temps de récupération hétérogènes.
Les études qui s’intéressent à la fatigue liée aux matchs, bien qu’analysant souvent des populations mixtes, sont très fortement influencées par les populations masculines qui sont bien souvent majoritaires.
Il est important de considérer ces différences liées au sexe concernant la fatigue induite par le match, ne serait-ce qu’en raison des différences de charges de match concernant la locomotion et les patterns d’activité, les dommages musculaires et les réponses inflammatoires.
Avis du pôle scientifique de Kinesport
Pastille orange
Cette méta-analyse est un article à risque de biais modéré. La grille de qualité utilisée pour évaluer la validité interne des études sélectionnées est une version modifiée qui n’a pas été validée au préalable. De plus, la qualité méthodologique des articles inclus n’est pas prise en compte dans les méta-analyses et s’avère est limitée d’après les auteurs. Des biais ont donc pu être introduits pendant la mise en place du protocole de chacune des études. Par conséquent, les résultats de la méta-analyses peuvent eux aussi être biaisés et ne pas refléter la réalité.
Des différences existent sur les capacités physiques de puissance et d’endurance entre les joueurs et joueuses, les femmes présentant des résultats moins importants sur les sprints, les sauts et l’endurance intermittente. De plus, la fatigue est réduite chez les joueurs masculins avec des qualités physiques particulièrement importantes (par exemple sur les facultés de course à haute intensité et la force des membres inférieurs).
Les investigations chez les joueuses sont également importantes à considérer en raison de l’effet des menstruations sur les paramètres de performance chez les athlètes de haut niveau ; la littérature récente suggérant de possibles effets du cycle menstruel sur la récupération et le bien-être.
Il n’est pas clair à ce jour de déterminer s’il est intéressant d’utiliser des informations sur la récupération post-match des joueurs masculins pour fournir une meilleure compréhension des réponses après des matchs féminins.
L’étude actuelle a donc pour but d’analyser la fatigue aigue et résiduelle après des matchs de football féminin et les temps de récupération concernant les réponses perceptuelles, physiologiques et liées à la performance.

Méthodes

Les études proviennent de 3 bases de données : PubMed, Web Of Science et SPORTDiscus. Les critères d’inclusion étaient les suivants : 
  • Les participants devaient être des joueuses de football, quel que soit leur niveau de jeu
  • L’intervention devait être un match de football officiel ou un match amical soumis à des règles officielles.
  • Les paramètres de performance évalués consistaient en des tests de saut verticaux, de la vitesse, de l’agilité, de la force, des changements de direction, de l’endurance et des tests d’endurance intermittente.
  • Les paramètres physiologiques évalués étaient la créatine kinase (CK), le lactate déshydrogénase (LDH), la protéine C-réactive (CRP), les cytokines (IL-6 et TNF-), les neutrophiles, les leucocytes, les lymphocytes, le cortisol, la testostérone, le ratio testostérone/cortisol et l’œstradiol.
  • Les paramètres perceptuels incluaient les DOMS, la sensation de fatigue et la vigueur.
  • Tous les paramètres devaient avoir été mesurés avant et après le match. 
Concernant les critères d’exclusion, ils étaient les suivants :
  • Résultats mélangés avec d’autres sports ou mélangés aux résultats de joueurs masculins
  • Résultats issus de jeux sur petit terrain ou de simulations de matchs
  • Joueuses de moins de 15 ans ou les matchs durent moins de 90 min
Tous les articles devaient être en anglais, l’étude ayant été conduite en octobre 2020, sans restriction par rapport aux dates. 
Les paramètres de performance étaient analysés en 3 sous-groupes : 
  • Cou