Obstacles perçus lors de la pratique de l’entrainement sous restriction vasculaire (BFR).

Feb 7 / Benjamin FRAISSE
L'entraînement en BFR (Blood Flow Restriction: restriction partielle du flux artériel, et restriction totale du flux veineux) gagne en popularité dans les milieux de la remise en forme et de la réadaptation en raison de son rôle dans l'optimisation de la masse et de la force musculaire ainsi que dans l’optimisation de la capacité et de la fonction cardiovasculaire, notamment. Cependant, malgré l'intérêt pour ce domaine de recherche, les praticiens doivent probablement surmonter certains obstacles pour mettre en œuvre cette modalité de manière efficace dans la pratique. Ces obstacles comprennent la détermination des pressions d'entraînement en BFR, l'accès à des technologies d'entraînement en BFR appropriées pour les groupes démographiques pertinents sur la base des preuves actuelles, une approche complète et systématique du dépistage médical pour une pratique sûre, et aussi des stratégies pour atténuer les exigences perceptives excessives de l'entraînement en BFR afin de favoriser l'observance à long terme.
Ce manuscript, proposé en synthèse traduction, tente de discuter de chacun de ces obstacles et fournit des stratégies fondées sur des preuves et une orientation pour guider la pratique clinique et les recherches futures.

Évaluation des pressions d’entrainement sous BFR

Récemment, Patterson et al.  ont proposé des directives d'application recommandant l'utilisation de la pression d'occlusion artérielle (ou pression d'occlusion des membres, LOP) dans tous les contextes de recherche et de pratique afin de normaliser l'application des pressions d'entraînement au BFR. La LOP est généralement définie comme la pression minimale appliquée nécessaire pour occlure complètement à la fois l'entrée artérielle et le retour veineux pour un brassard donné à un moment donné de la journée dans une position corporelle donnée. La LOP peut être établie rapidement et de manière fiable en utilisant l'échographie Doppler ou des capteurs de pression intégrés dans plusieurs dispositifs disponibles dans le commerce. Des preuves récentes soutiennent également l'utilisation de l'oxymétrie de pouls pour déterminer l'occlusion sanguine complète dans les membres supérieurs, bien que des preuves contradictoires existent pour les membres inférieurs. Il a également été démontré que l'oxymétrie de pouls est influencée par l'ethnie, ce qui limite sa généralisation en dehors des ethnies caucasiennes.

Après avoir déterminé la LOP, l'étape suivante consistera toujours à décider quel pourcentage de la LOP sera utilisé pour l’entrainement BFR du jour.

Les recommandations typiques pour les pressions de BFR par rapport à la LOP sont égales à 40-80% de la LOP pour effectuer un entrainement BFR.
D'un point de vue perceptif, des degrés plus élevés d'inconfort et/ou de douleur musculaire induite par l'exercice ont été associés à des pressions appliquées plus élevées et pendant la période d'application initiale elle-même; par conséquent, bien que des pressions appliquées plus élevées puissent être optimales pour un objectif donné, les praticiens doivent être conscients de ces exigences perceptives, car elles peuvent avoir une incidence sur la conformité à l'intervention. Ainsi, commencer les soins avec des pressions physiologiquement sous-optimales peut être une stratégie utile pour exposer progressivement les client(e)s ou patient(e)s aux exigences perceptuelles nécessaires pour obtenir une adaptation à l'exercice.

Outils pour la pratique du BFR

Il existe actuellement plusieurs technologies de brassards disponibles pour mettre en œuvre le BFR dans la pratique, ce qui peut rendre difficile pour les praticiens de décider non seulement lesquelles sont les plus efficaces pour induire les adaptations d'entraînement souhaitées, mais aussi les caractéristiques de sécurité potentielles pour minimiser le risque d'événements indésirables. Les praticiens pratiquant le BFR peuvent surmonter cet obstacle en comprenant les différentes technologies de BFR actuellement disponibles sur le marché. Celles-ci peuvent être classées de manière générale comme des garrots qui peuvent être définis comme pneumatiques (brassards pneumatiques automatiques autorégulés, automatiques ou manuels) ou non pneumatiques tels que les bandes élastiques. Ces dernières ne sont pas adaptées aux populations cliniques étant donné qu'elles ont la capacité de sous-estimer ou de surestimer les pressions appliquées dans les membres jusqu'à 25% sur une base quotidienne. Cela soulève quelques inquiétudes quant à la fiabilité de cette approche lorsqu'on travaille avec des personnes qui peuvent avoir besoin d'un contrôle plus précis du stimulus du BFR. Les praticiens opérant dans un cadre de soins de santé devraient se tourner vers d'autres approches qui fournissent un stimulus plus objectif et reproductible. Malgré des différences marquées dans les pressions d'interface entre le manchon et le membre, une grande variété de dispositifs de BFR ont montré des gains favorables en termes de taille et de force musculaire. Une méta-analyse récente a rapporté une augmentation de 7 % de la masse musculaire et de 14 % de la force après 4 à 16 semaines d'entraînement au BFR. Lors d'une analyse de sous-groupe, Lixandrão et al. ont constaté que les pressions appliquées, la largeur du brassard et la prescription de la pression (individualisée ou arbitraire) n'influençaient pas les adaptations musculaires après l'entraînement - ce qui soutient l'utilisation de plusieurs dispositifs différents pour induire des gains de masse et de force musculaires pendant l'entraînement au BFR. Cependant, des recherches supplémentaires sont nécessaires pour déterminer si tous les dispositifs (brassards pneumatiques automatiques autorégulés, automatiques, manuels ou enveloppes pratiques) entraînent des adaptations à long terme similaires.
Les technologies autorégulées automatiques peuve