Hiérarchisation des techniques de physiothérapie contre les dommages musculaires

Jan 27 / Arnaud BRUCHARD -⏱️ 4 MIN -


En un coup d'oeil

Les dommages musculaires (DOMS) sont fréquents après un exercice intense et altèrent la performance. 
Cette méta-méta-analyse regroupe 29 revues systématiques et 863 essais randomisés sur 24 thérapies physiques. Seulement 2 des 29 revues incluses sont de bonne qualité méthodologique.
Le contraste thermique est le plus efficace immédiatement après l’exercice. Le massage est la meilleure option à 24 h ; le taping, la compression et la cryostimulation sont efficaces à 48–72 h. 

La qualité méthodologique des revues est globalement faible, mais les tendances dégagées guident les bonnes pratiques. 

Pourquoi cet article est intéressant ?

 Avis du pôle scientifique : Pastille verte. La bonne qualité méthodologique de cette revue systématique permet de contrôler le risque de biais. Les praticiens utilisent souvent des techniques comme la cryothérapie ou le massage sans savoir lesquelles sont réellement efficaces selon la science. Cette revue à haut niveau de preuve (revue ombrelle + méta-méta-analyse) permet de classer les thérapies physiques selon la solidité de la preuve, donnant ainsi aux kinésithérapeutes et préparateurs physiques un repère clair pour la récupération musculaire. 

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Objectif de l'étude

Évaluer, comparer et cartographier l’efficacité des différentes techniques de physiothérapie post-exercice pour réduire les dommages musculaires (DOMS) chez l’adulte sain. 

Méthodologie

  • Population : Adultes en bonne santé, sportifs ou non 
  • Interventions : 24 traitements de physiothérapie post-exercice (massage, cryo, contraste, taping, photothérapie, compression…). 
  • Comparateur : Récupération passive, placebo, ou autres interventions physiques. 
  • Outcome : Intensité de la douleur musculaire, effets indésirables. 
  • Temporalité : Évaluation à 0 h, 24 h, 48 h, 72 h et 96 h post-exercice. 
  • Schéma d’étude : Revue ombrelle et méta-méta-analyse 
  • Echantillon : 29 revues systématiques cumulant 863 essais contrôlés randomisés et 25 523 sujets. 

Résultats et discussion

  • Immédiatement après exercice : le contraste thermique est le plus efficace (g = 0,67). 
  • À 24 h : le massage montre un effet significatif (g = 0,41). 
  • À 48–72 h : les taping, compression et cryostimulation sont les plus bénéfiques (g ≈ 0,5–0,7). 
  • Au-delà de 96 h : effet modéré du contraste et de la photothérapie. 
  • Les effets varient selon la méthode, la durée et la qualité des essais. 
  • Seulement 2 revues sur 29 sont de haute qualité (AMSTAR-2), limitant la force des conclusions. 
  • L’évidence reste modérée à faible, mais la cohérence des résultats plaide pour certaines interventions courtes et simples à mettre en œuvre. 

Implications pratiques

Les kinésithérapeutes et préparateurs physiques peuvent adapter la stratégie de récupération selon le moment post-effort : 
→ Cryo et contrastes à chaud/froid immédiatement après
→ Massage et compression dans les 24–48 h
→ Kinesiotaping pour prolonger les effets jusqu’à 72 h. 
Ces approches peuvent être intégrées dans une récupération personnalisée et sécurisée. 

Conclusion

Cette étude a montré qu’un grand nombre d’interventions physiothérapeutiques ont été étudiées, mais que la qualité méthodologique des revues disponibles demeure globalement faible. Certaines techniques, notamment la thérapie par le froid, la cryostimulation, la thérapie par contraste, le massage, la photothérapie et le kinesiotaping, présentent des effets bénéfiques modérés à différents moments après l’exercice. À l’inverse, les preuves concernant les étirements, l’électrostimulation ou l’exercice léger restent limitées et peu convaincantes. L’hétérogénéité importante des études et les biais méthodologiques réduisent toutefois la portée clinique de ces résultats. Ainsi, malgré des indications prometteuses pour certaines approches, aucune méthode ne peut être considérée comme universellement supérieure. Des essais cliniques mieux conçus et plus rigoureux sont nécessaires afin de guider plus précisément la pratique clinique. En conclusion, le choix d’une thérapie pour traiter les DOMS doit rester individualisé et basé sur les meilleures preuves disponibles 

L'ARTICLE

Wiecha, S., Cieśliński, I., Wiśniowski, P., Cieśliński, M., Pawliczek, W., Posadzki, P., Prill, R., Zając, J., & Płaszewski, M. (2025). Physical Therapies for Delayed-Onset Muscle Soreness: An Umbrella and Mapping Systematic Review with Meta-meta-analysis. Sports Medicine. https://doi.org/10.1007/s40279-025-02187-5