​Architecture du biceps femoris et performance en sprint chez les jeunes footballeurs : une analyse transversale

Jul 6 / François DUCOURANT
Au cours des dernières décennies, le pourcentage de sprints et la durée des sprints dans un match ont augmenté de 35% dans le football adulte (Barnes et al., 2014). Le sprint représente 1 à 4 % de la distance totale parcourue (Barnes et al., 2014) et il représente l'action la plus fréquente précédant les situations de but (Faude et al., 2012). 
En général, les performances physiques augmentent pendant la puberté chez les jeunes joueurs de football avec une amélioration des performances de sprint sur 5m, 10m et 20m (Gonaus et al., 2019, Perroni et al., 2018, Read et al., 2017). 
Même si les muscles ischio-jambiers sont essentiels lors d'un sprint, la forte sollicitation à des vitesses de course élevées est l'une des principales causes de blessure de la longue portion du biceps femoris (Chumanov et al., 2012, Ekstrand et al., 2011). 
Les dernières publications sur le sujet évoquent que l'architecture musculaire pourrait-être associée à la performance en sprint ainsi qu’au risque de lésion musculaire.  
Ritsche et al. ont publié en juin 2020 l’étude : Architecture du biceps femoris et performance en sprint chez les jeunes footballeurs : une analyse transversale. François DUCOURANT vous propose sa synthèse traduction. 
Les auteurs ont analysé les modifications de la section transversale (cross sectional area = CSA) de la longue portion du biceps femoris (BFlh), de la longueur des faisceaux (FL) et de l'angle de pennation (PA), en corrélant ces données avec les performances de sprint chez une population de jeunes footballeurs de 13 à 15 ans. 

Méthode

Au total, l’étude regroupe 85 jeunes footballeurs, provenant de 3 clubs de haut niveau :

  • de moins de 13 ans (n=29, âge=12,5 ns (SD=0,1), taille=155,3 cm (6,2), poids=43,9 kg (7,6))
  • de moins de 14 ans (n=25, âge=13,5 ans (0. 3), taille=160,6 y (7,7), poids=47,0 kg (6,8))
  • moins de 15 ans (n=31, âge=14,4 y (0,3) , taille=170,0 cm (7,7), poids=58,1 kg (8,8) )

Critères d’inclusion :

Être âgé entre 12 et 15ans, ne pas avoir subi de blessures aux membres inférieurs pendant au moins 6 mois. 

Critères d’exclusion :
 

Lésions neurales, musculaires, squelettiques, ou du tissu conjonctif au cours des 6 derniers mois. 

Protocole d’étude : 

Des ultrasons ont été utilisés pour mesurer le BFlh ACSA, FL et PA. Les jonctions proximales et distales des tendons des muscles et la région d'intérêt (50 % de la longueur du BFlh ± 5 cm) ont été déterminées et marquées sur la peau. L'orientation du transducteur a été adaptée lors du balayage pour assurer la visibilité des faisceaux de BFlh et de l'aponévrose (Franchi et al., 2020, 2018, Bolsterlee et al., 2016). Pour l'ACSA, des images EFOV transversales ont été prises à 50 % de la longueur du BFlh (Kositsky et al., 2020). 
Des tests de sprint ont été effectués pour évaluer le temps de sprint sur 10 et 30 mètres, la vitesse maximale (vmax) et l'accélération maximale (amax). Ils ont été effectués séparément avec chaque équipe et chaque club. À la suite d'un programme d'échauffement, les joueurs ont effectué deux sprints linéaires de 40 m séparés par trois minutes de repos actif (Faude et al., 2010). Le test a été effectué à l'extérieur sur un terrain de football synthétique et les joueurs portaient leurs chaussures de football habituelles. Les temps intermédiaires de sprint de 10m et 30m et la vitesse maximale (vmax) ont été mesuré par les intervenants, tandis que l'accélération maximale (amax) a été calculée par le logiciel Imo-Client 

Pour les statistiques, les auteurs ont utilisé les intervalles de Pearson r et 95% pour évaluer la relation entre la performance en sprint, le rapport de maturité, l'âge chronologique et les paramètres architecturaux.

Résultats 

  • Tous les paramètres architecturaux des muscles ont augmenté de la tranche d'âge des moins de 13 ans à celle des moins de 15 ans (BFlh ACSA : 37%, BFlh FL : 11%, BFlh PA : 8%).